Notre époque est celle d'un détournement, d'un recul voire d'un effacement du courage. Nul ne résiste à cet avilissement moral et politique.
Notre propos du jour : Surmonter ce désarroi, retrouver les ressorts du courage. Dans l'entreprise, la place du courage doit être centrale, être un juste milieu entre ténacité et lâcheté. Aristote lui attribue la première des qualités humaines car elle garantit toutes les autres.
Une récente étude du "circle strategy" (1) nous apprend que les leaders considèrent le courage comme une vertu structurante ; la quasi colonne vertébrale de leur fonction. Un dirigeant sur trois lie le courage à une prise de responsabilité dans la décision. Ce courage traduit généralement des convictions solides, de vraies valeurs. Rarement inné le courage se traduit au travers d'outils simples et quotidiens dans un environnement VICA (2) qui fait rage. Après la phase d'analyse où l'on récolte les données, on écoute, on échange avec les autres et vient le moment où l'on a rendez-vous avec soi-même pour finaliser sa réflexion, laisser une solution émerger. Le courage présent, tout au long de la démarche n'est pas tonitruant. C'est au contact d'un réel incertain, complexe et ambigüe, parfois dangereux que le courage se forge entre analyse rationnelle et intuition, lucidité et liberté intérieure assise sur de fortes valeurs morales et éthiques.
Les dirigeants qui font acte de courage s'inspirent souvent de modèles voire de conseils proches. Ils se réfèrent à des figures historiques tels Gandhi, N Mandela, C De Gaulle ou X Churchill.
Tout manager est doté de la capacité d'être courageux, un simple réveil de cette vertu endormie sera parfois suffisant. Dans la pratique, être au contact de la difficulté, du danger, du péril et de l'incertitude en utilisant son courage pour décider fait toujours grandir, avancer, densifier sa réflexion, rassembler.
L'intelligence artificielle est le domaine qui requiert aujourd'hui le plus de courage car il va falloir assez rapidement désapprendre, expérimenter, se tromper, apprendre de nouveau et piloter de nouvelles approches managériales.
Oser se mettre en mouvement est crucial pour les patrons de PME. Une question de survie qui peut se poser à tout moment. L'immobilisme est d'autant plus pernicieux que le leader ne sent pas la nécessite d'oser faire autrement.
Le leader doit rester ouvert et curieux. Questionner autour de soi, se méfier de ses certitudes, s'intéresser aux nouvelles technologies, se remettre en cause, acquérir cette nécessaire agilité.
Le courage ne réside pas uniquement dans l'instant de la décision : l'important est d'être prêt à en assumer les conséquences. Cette considération pose le courage en outil majeur de la gouvernance d'entreprise.
(1) Cabinet de conseil en stratégie qui accompagne les directions générales
(2) VICA : Volatil, Incertain, Complexe, Ambigüe
Bonne lecture
Patrice DALAIGRE
MS CONSEIL... comprendre mieux pour agir juste
Courage pour aller sur notre site et solliciter un de nos experts
conseil-strategie-entreprise.fr
Pour aller plus loin : consulter la pièce de Cynthia Fleury, philosophe et psychanalyste "la fin du courage". Elle part du constat que les individus comme les sociétés peuvent connaître une forme d'épuisement qui fait perdre l'envie d'agir en ces temps économico -politiques bien compliqués!
