Pour les dirigeants de PME, la rentrée se présente sous le signe d'une grande incertitude. la construction du budget 2027 de notre pays fait planer des inquiétudes sur les mesures fiscales que pourrait prendre le gouvernement. Les guerres en Ukraine, au Moyen-Orient s'enlisent et font planer des inquiétudes géopolitiques. La croissance mondiale en général, européenne en particulier est atone et va entraîner des défaillances au cours de ce semestre.
Six défis majeurs :
1 - La facturation électronique
ce monstre administratif, plusieurs fois repoussé, entre en vigueur ce mois-ci. Toutes les entreprises doivent recevoir les factures sous forme électronique. Les grandes entreprises doivent dès maintenant les émettre ; les PME disposent d'une année supplémentaire pour cette deuxième phase. Cette réforme a vocation à gommer les fraudes à la TVA tout en permettant des gains de temps et une réduction des délais de règlement. Mais de nombreuses PME ne sont pas prêtes!
2 - La trésorerie
La succession de risques depuis la pandémie a fragilisé les PME. Bien que les trésoreries soient supérieures à ce qu'elles étaient avant le Covid, elles ne vont pas tenir très longtemps. En 2022, les PME étaient gorgées de cash, elles ont donc pu répondre à tous les aléas qui se sont produits dans les années qui ont suivi. Aujourd'hui, elles abordent les difficultés 2026 avec des trésoreries en dessous de la moyenne, leur laissant peu de possibilité de manoeuvre.
3 - La hausse des coûts
Le goulot d'étranglement "Détroit d'Ormuz" ralentit les approvisionnements et surenchérit les coûts du pétrole et de nombre de matières premières. Si les entreprises ont pu dans un premier temps répercuter dans leurs prix de vente ces augmentations de coûts, c'est aujourd'hui essentiellement les marges qui sont rognées pour absorber ces augmentations.
Le niveau de défaillance continue de battre des records. Si la tendance actuelle se poursuit, ce pourrait être plus de 70 000 entreprises qui seraient conduites au dépôt de bilan cette année.
4 -Â L'export
La consommation en France patine. La canicule de cet été suivie par des incendies ravageurs ont eu pour effet d'accentuer le ralentissement en pesant sur la consommation et la productivité du travail. Le BTP, l'industrie, l'agriculture souffrent, ont du mal. Les carnets de commande peinent à se remplir. Aller conquérir de nouveaux clients hors de France est une question de survie. De nombreuses PME devraient s'intéresser à d'autres marchés.
5 - Le piège de l'immobilisme
Les périodes pré-électorales sont souvent synonymes de mise en pause de l'activité économique avec des commandes publiques, entre autres, qui se pincent. Les entreprises freinent leurs investissements sauf dans l'intelligence artificielle. Les embauches ralentissent, sont reportées. On risque d'assister jusqu'à l'été prochain à un attentisme des entreprises et des consommateurs, ce qui va repousser la reprise, au mieux, au deuxième semestre 2027.
6 -Â Les ressources humaines
Le gouvernement prévoit qu'à partir de 50 salariés les entreprises devront déclarer une batterie d'indicateurs relatifs aux écarts de rémunération entre les femmes et les hommes. Entre la maîtrise des coûts, la pénurie de compétences dans certains métiers en tension, la possibilité d'attirer des talents et les forts enjeux sur les salaires, les dirigeants vont devoir naviguer face à des vents contraires, sans compter l'enjeu majeur de l'IA qui continue à percuter la gestion des compétences et nécessite des remaniements organisationnels (voir notre article d'août dernier)
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Bonne lecture
Bien cordialement
Patrice DALAIGRE
MS CONSEIL...comprendre mieux pour agir juste
Cet article s'appuie sur de récentes publications de la banque de France, de la Coface, d'Altares et de BPI France.
